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14 May ConstanceConstat historique : les mêmes vieux crimes sont commis par les mêmes vieilles crapules depuis la nuit des temps. Et cela ne changera pas. 22 March Mon fanatismeTout ce que je fais, tout ce que je dis, tout ce que je pense, tout ce que j'écris est toujours et en tous lieux destiné à conserver cet élan viscéral, ce vouloir intrinsèque de ma personne vers le seul fanatisme que je crois supportable : le désir de liberté.
Ce sera sans doute ce qui me perdra.
Et, par ailleurs, ce qui me sauvera.
Je vois trop de jeunes vieux qui, en accostant sur les rives stériles de la maturité, baissent les voiles de leurs désirs et de leurs rêves, jetant par-dessus bord ce qu'ils sont profondément, pour des trésors promis par moult capitaines démocratiques, que personne, dans les faits, n'a jamais pu tenir entre ses mains, si ce n'est qu'écrasé du coup par le fardeau d'une vie occupée à être toujours absent à soi-même.
Ces hommes qui guident, ou que l'on prend volontiers pour guides, ne sont pas totalement à blâmer. Ils subissent eux-mêmes les méfaits de leur conscience de caillou. Le seul reproche honnête que nous puissions leur faire est d'avoir eux aussi choisi de jeter l'ancre de la médiocrité tout en espérant poursuivre leur croisière.
Mais des procès, il faudrait en tenir plusieurs : à l'ambition matérialiste, à la nonchalance intellectuelle, à la gendarmerie des pensées, au supermarché des rêves en canne, à la flatterie intéressée, à l'esclavage volontaire... 20 March Boubou MacoutesQue de croyances aujourd'hui qui de s'être fardées comme des vérités se voient défendre par des lois et policées par des abrutis qui parlent fort ou des médiocres armés jusqu'aux dents. 18 March Ceuze-làIls disent « marxiste » comme on cracherait « minable », ils prononcent « à gauche » comme s’ils lançaient « tapette »… Or, ils n’ont pour la plupart jamais lu Marx ni aucune idée précise de ce qu’est historiquement la pensée de gauche. S’ils lisaient, que dis-je, s’ils savaient lire, il me semble que cela m’aiderait à les entendre. 17 March L'enseignement de l'HistoireQuand j'observe ce pourquoi les hommes des temps anciens se sont battus, affrontés, massacrés — croyances, principes, morale, idées, convictions —, tous assurés d'avoir là des raisons suffisantes pour s'étriper, je ne peux m'empêcher de voir le ridicule, l'absurdité de toutes ces semblables affaires pour lesquelles nous nous querellons sans trêve aujourd'hui et que nous nommons, nous aussi avec certitude, bon sens ou vérité. 16 March Vendeurs à vendre« La bourgeoisie a dépouillé de leur auréole toutes les activités qui passaient jusque-là pour vénérables et qu’on considérait avec un sain respect. Le médecin, le juriste, le prêtre, le poète, le savant, elle en a fait des salariés à ses gages. »[1] Ce faisant, elle est parvenue à enfermer le créateur et son esprit dans un cercle vicieux mercantile duquel il est pratiquement impossible d’échapper, sauf par la misère. Mêmes les élans révolutionnaires, en autant qu’ils ne mettent pas en péril la structure bourgeoise, c’est-à-dire tant et aussi longtemps qu’ils demeurent dans l’espace clos de la pensée, sont récupérés par l’économie de marché et proposés comme possibilités marchandes au même titre que n’importe quel autre objet de la production commerciale consommable et jetable. Cela même que j’écris, à partir du moment où un banquier ou l’un de ses différents représentants dans l’échelle de la production et de la rentabilité littéraires y voit une possibilité de plus-value, devient potentiellement vendable et récupérable sans risque. 17 February Les perroquetsJe parle avec eux, je les écoute attentivement, mais tout ce que j'entends venant de leurs bouches, j'aurais aussi bien pu le lire dans le journal du matin ou la dernière revue à la mode. Ils n'ont pas d'idées, mais des opinions picorées ça et là sans distinction et sans filtre, qu'ils prennent, les malheureux, pour des idées. Ce qui germe dans leurs esprits, ce ne sont pas des pensées, mais des condensés de reportages télévisés, d'anecdotes journalistiques, de tendances médiatiques. Cela figure la plus extraordinaire transplantation de tous les temps : on a remplacé leurs cerveaux par un transistor; et sans qu'ils ne s'en rendent compte ! 06 February Laissez venir à moi les petits enfantsLa photo a été prise dans mon village. C'est le porche de l'église, vu de près. Le panneau d'avertissement me fascine... C'est leur Christ qui doit avoir envie de s'arracher les clous des mains, descendre de sa croix et aller une fois encore péter sa coche dans le temple où ses représentants font exactement l'inverse de ce qu'il leur a enseigné. Il faudra bientôt renouveller l'assistance... et quelque chose me dit que les prospects n'auront pas envie d'aller flâner par là le dimanche. 03 January Vivre endortAinsi, ce serait ceux qui ont la vie la plus stable, la routine la mieux rangée, l’existence la plus pétrie, qui seraient dans le vrai. Ceux qui marchent d'aplomb, ceux qui pensent droit, ceux qui dorment bien. Ceux qui remplissent les cases, ceux qui chérissent les normes, ceux qui adorent les chaînes. Ceux qui louent les dieux, ceux qui ne se battent pas, ceux qui ne tombent pas à genoux. Ceux qui écoutent, ceux qui leur parlent, ceux qui organisent les échanges. Propriétaire de vérité, de théories fondées, d’idées vendues. Verseurs continuels d’eau dans le vin. Les autres, gratteurs de surface voulant percer le superficiel, ruminants d’idées profondes et lourdes, propriétaires de vie et de temps, gros mangeurs de remises en question, avaleurs tout rond de refus global, rejetons par l'esprit de fous, de suicidaires, de crucifiés, de lapidés, d’internés, de rejetés, d’humiliés et de bannis. Locataires perpétuels de lieux de réflexion, incendiaires de lieux communs, pyromanes de feu sacré, périlleux et souvent mortel. Fleurs incapables de s’ouvrir parfaitement, mais toujours tournées vers le possible et le sensible. Buveurs invétérés d’eau de vie. Combien, ayant été à vingt ans des esprits allumés, finissent subrepticement par se tenir fiers et incorruptibles parmi les premiers, ventres ronds, tempes grisonnantes, montres en main ? Si « travailler fatigue », comme le prétendait Pavese, la plupart du temps, il n’est plus possible d’en douter, vivre endort. 11 December Condensé et gaspillageNotre époque est celle du condensé : de bœuf, de culture, de vie. On écoute les nouvelles et quelques émissions culturelles et on s’imagine être au courant; on surfe sur le web, on achète tous les best-sellers que listent les quotidiens, on épluche à la file des revues à la mode, on se délecte sans se repaître des publications in, de la psychose narrée à la biographie névrotique ou politique, et on se dit lecteur. Les innombrables sources d’informations finissent par noyer dans la confusion. Le sens et le contenu priment contre l’art, contre la remise en question, contre le langage même : exit l’importance de l’acte d’écriture, exit la beauté des mots, exit l’ironie et le langage allusif. Dans les tonnes de papier qui circulent dans le supermarché littéraire, c’est ce que Sollers appelle « le catéchisme des valeurs vides » qui prédomine toujours et encore. C’est pourquoi l’on voit tant de vendeurs de mots et si peu de poètes, tant de chercheurs d’or et si peu d’inventeurs, tant de gagnants et si peu de vivants. C’est peut-être aussi pourquoi les poètes finissent presque toujours par se taire, comme Rimbaud, quand ils ne se tuent pas, comme Hemingway. C’est que le gaspillage de paroles adressées à des oreilles sourdes est senti tôt ou tard comme inutile ou insupportable. 01 October Chaîne de montage de versLa société contemporaine, en nivelant toute action avec la truelle du mercantilisme, permet maintenant aux artistes de faire partie d’associations et d’unions officielles. Les artistes sont souvent les premiers à demander les mains au ciel d’être reconnus comme des travailleurs à part entière. Ainsi est-il possible de distinguer ceux qui ont fait de l’art leur métier et ceux qui en ont fait leur vie, ou plutôt, ceux que la vie a fait artistes. Désormais, même les poètes ont leurs colloques ! Il me plairait probablement de les voir dans une usine de montage poétique où ils pourraient sans peine créer, en poinçonnant leur carte d’employé, en prenant leur dîner payé et leurs vacances accumulées. Syndicat des poètes. Bientôt, sur cette lancée, il est plus que probable que l’on pourra voir des coteries de prophètes et des fraternités de sages. 10 August Inquisiteurs de libertéEt quand ils viendront en vos demeures
que de vos portes ils auront la clé
que de vos bras ils seront les muscles
et que seule l'obscurité vous cachera à leurs yeux
vous entendrez déjà le crépitement des bûchers
et les cris se consumant de leurs ennemis
qui sont tous ceux qui leur sont étrangers
Vous pourrez encore lutter
mais quand ils croîtront en vos esprits
que de vos rêves ils seront la source
que de vos peurs ils auront le comburant
et que seule la mort vous libérera de leur joug
vous entendrez les clous lentement s'enfoncer
dans le tombeau de toutes vos libertés
et vous briserez en vain vos ongles
Vous serez enterrés.
Zigma, Panégyrique des hommes libres
À propos, on vient juste de franchir une nouvelle étape :
21 June Vie prométhéenneProméthée, enchaîné sur son rocher, disait à Hermès, messager des dieux : "Je n'échangerai jamais, sois-en sûr, contre ton servage, mon misérable sort. J'aime mieux être rivé à ce rocher que d'être le fidèle valet, le messager de Zeus le Père!" (Marx)
Je dis : J'aime mieux vivre dans la précarité que de chercher par tous les moyens à me livrer comme une marchandise au plus offrant.
C'est une question de point de vue... Mais quel point de vue ! 17 June Ô porc tu nies ! (m)Ils dénigrent l’économie triomphante, le système capitaliste, et on les voit se mettre en marché dans des cocktails qui ne sont en fait que des épiceries de l’art reproduisant exactement ce qu’ils croient dénoncer, mais qu’ils admirent secrètement.
Comme ils ne pouvaient avoir la soupe, ils ont craché dedans et crachent encore. Mais leur gourmandise est énorme et dès que l’occasion se présente, ils boivent, les cochons, dans la même auge qu’ils ont souillé de leur fiel d'ambition et d'envie.
Au lieu que de verser leur sueur, ce qu’ils trouvent pathétique chez l’ouvrier exploité, ils dispensent à qui mieux mieux leurs sourires, leurs compliments, leurs boniments, dans l’espoir de parvenir, par ce servile opportunisme, à atteindre ces lieux de soumission qu’ils s’imaginent détester. Ils rient de l’Empire tout en rêvant d’être César. Ils dénoncent le Royaume, mais font tout pour être roi. Ils restent à jamais des valets ou des bouffons.
S’ils s’empressent de dénoncer les bourgeois et leur mode de vie, ils sont encore plus pressés de chercher par tous les moyens à leur plaire et attirer leur bonne grâce qu’ils croient être la seule façon d’obtenir de quoi vivre et continuer à dénoncer les bourgeois. Mais il y a longtemps que les bourgeois les ont récupérés et acceptent volontiers de se faire tirer la pipe par ces supposés artistes francs-tireurs qu’ils contrôlent à leur insu, de la même manière que leurs ouvriers et leurs valets, c'est-à-dire de la seule façon qu’ils connaissent de père en fille : l’appât du gain ou de la gloire. 15 June Rentrer chez soiJ'ai la très nette impression que plus l'on va vite, plus la course est effrénée, plus il est difficile de rentrer chez soi. C'est sans doute parce que nous allons de plus en plus rapidement vers nulle part.
Je m'arrêterai quand j'aurai vraiment compris qu'il n'y a absolument aucun endroit où aller. 10 June F, i, fi, n, i, ni."Certains se révolteront, mais ce sera une infime minorité, sans audience ni moyens ni confiance dans leur cause. La grande majorité des gens trouveront que les contrôles sanitaires sont nécessaires dans une société civilisée, et que les révoltés ont surtout besoin de services de réinsertion sociale ou de justice thérapeutique. La tyrannie sera douce et tranquille."
Pierre Lemieux, Prévisions pour le 21e siècle
Bon, c’est fait : les fumeurs sont bannis. Les autres, les purs, se frottent les mains et crient victoire. Ils pourront désormais aller partout sans être incommodés, les pauvres, par la vilaine fumée des drogués. Ils siroteront leur unique verre de vin en mâchant au moins 20 fois leur salade à la vinaigrette légère sans souffrir les émanations toxiques. Ils iront s’asseoir dans les bars, Perrier en main, cherchant à identifier, parmi les proies potentielles de leur désir modéré, lesquelles sont dignes de recevoir leurs baisers odeur de petites feuilles mentholées, sans encaisser les nuages nauséabonds des toxicomanes. Quand ils sortiront de l’hôpital ou du bureau, ils pourront sans contrainte prendre une longue inspiration de tuyau d’échappement d’autobus, sans risque de respirer une seule volute du poison en tube. Le soir venu, ils s’endormiront en passant à ces lendemains heureux où ils seront parvenus à éliminer toutes ces choses ignobles qui leur soulèvent le cœur de dédain. Et, comme les Éloïs de H. G. Wells, ils continueront encore et encore à marcher au rythme des tambours des Morlocks. 07 June Ennemis du tabac
Le duc de Moscovie, Michel Frederowits, interdit l'usage du tabac dans tous ses états sous peine d'abord de recevoir la bastonnade, ensuite d'avoir le nez coupé et enfin de perdre la vie.
L'empereur des Turcs, Amurat IV, avait sa façon bien à lui de punir les fumeurs. Sa hantise du tabac le faisait se promener la nuit pour découvrir ceux qui fumaient en cachette. Lorsqu'il en trouvait un, il le faisait pendre, non sans avoir au préalable prit le soin de lui faire transpercer le nez avec le tuyau de sa pipe, l'exécuteur de la sentance se chargeant d'ouvrir le passage avec son poignard.
Les rois de Perse Scach‑Sophi et Scach‑Abas faisaient couper le nez, la langue et les oreilles des fumeurs avant de leur ôter la vie.
L'Église s'en mêla également. En 1604, le pape Urbain VIII publiait une bulle pontificale qui excommuniait tous ceux qui usaient du tabac dans les églises.
Un Anglais du nom de Peter Columbell, qui vivait au début du dix‑septième siècle, ne se contenta pas de refuser chez lui tout accès au tabac. Il inclua dans son testament une clause qui déshéritait son fils ou ses héritiers si ceux‑ci fumaient ou prisaient. S'ils étaient pris, ils devaient restituer leur héritage.
Vers 1841, dans le Valais, en Suisse, il n'est pas permis de fumer sous peine de prison. En cas de récidive, le contrevenant est exclu du canton.
En Transylvanie, le gouvernement arrachait la fortune des particuliers en s'emparant des terres sur lesquelles on trouvait du tabac. Ceux qui étaient surpris à fumer devaient payer l'amende qui pouvait être de seulement de trois francs ou atteindre jusqu'à six cents francs.
Tirée de : Grenet, A. Influence du tabac sur l'Homme, Paris, 1841. 283 p. 06 June Pause publicitaireJ'ai mis la plume de côté pour une heure et j'ai craché mon cynisme avec Photoshop...
![]() ![]() ![]() 15 May À bas les arbres et autres allergènes !Depuis une semaine, mon ainée a de sérieux symptômes d'allergies : yeux larmoyants, urticaire à fleur de peau, nez qui coule. Ce matin, elle est vraiment mal en point; sans doute le pic de cette période allergène pénible pour elle : la pollinisation.
Est-ce que j’ai le droit de demander, pour protéger ma fille et diminuer ses allergies, ai-je le droit d’exiger, dis-je, que l’on abatte tous les arbres et toutes les plantes qui rendent malade ma pauvre petite ? Puis-je du même coup réclamer qu’on mette de l’asphalte sur les espaces gazonnés qui la congestionnent et l’incommodent. Selon l’idéologie populaire du mousquetaire (Tous pour un), il est fort probable que oui. 14 May La loi du mousquetaire
Voilà donc ma grande tout heureuse de pouvoir monter à cheval de nouveau. Mais il y avait un écueil que ma fille n’avait pas prévu. C’est qu’elle a un problème ma fille, une infirmité assez sérieuse et pénible à supporter. Quelque chose de suffisamment grave pour l’empêcher de faire une sortie dans un centre d’équitation. Je ne sais pas si je devrais en parler dans un blogue… C’est quelque chose de personnel. Allons ! Je me lance. Le problème de ma fille, ce qui l’empêchera d’aller faire de l’équitation à la fin de l’année, c’est qu’un de ses confrères de classe est allergique aux chevaux !
En effet, la sortie devait être divisée en deux parties : l’avant-midi dans un centre d’équitation et l’après-midi, pour accommoder l’allergique, à la salle de quilles. Je trouvais déjà cela étonnamment conciliant. Je me souvenais du temps où moi-même, allergique aux chevaux, je prenais un comprimé d’antihistaminique avant de telles sorties scolaires. À l’époque, je me comptais chanceux de pouvoir prendre un médicament qui me permettait de participer à une activité qu’en temps normal j’aurais dû éviter à cause de mon problème de santé. Jamais je n’aurais cru possible — et ça ne l’était effectivement pas — qu’on prive le reste de la classe parce que moi, j’étais allergique. Je ne sais ce qui s’est réellement passé ensuite, mais le professeur de ma fille est revenu sur sa décision et a annulé la sortie équestre pour cause d’allergie.
Ceux qui ont lu mon billet sur l’interdiction, à l’école que mes enfants fréquentent, des carrés aux dattes parce qu’ils sont trop sucrés et l’embargo levé sur les arachides sous toutes leurs formes parce que deux ou trois étudiants dans toute l’école sont allergiques comprendront que j’ai accueilli la nouvelle de l’annulation de cette sortie, parce qu’un étudiant sur vingt-huit est allergique aux chevaux, avec un serrement de mâchoire qui me coûtera sûrement quelques plombages à court terme.
Essuyant la salive qui me coulait des commissures des lèvres du revers de l’avant-bras, j’ai pris trois grandes respirations en pensant aux neuf cent quatre-vingt-dix-neuf victimes du cruel Milarepa, avant que celui-ci ne devienne un éveillé vivant. Puis, furtivement, la scène de la tête de cheval sanglante du film Le Parrain est apparue en mon esprit… Mais j’ai vite conclu que l’idée, quoique d’une efficacité sans pareil, n’était pas de mise pour deux raisons : je ne savais pas à qui aller porter le joli colis et ma fille n’aurait pas trop aimé (sans compter la crise d’asthme assurée en faisant ma sale besogne). J’ai donc respiré encore quelques fois et j’ai repris lentement mon calme (après avoir bien sûr disserté impétueusement sur la tangente funeste de notre société du Tous pour un).
J’ai beau essayer de me convaincre que c’est anecdotique, j’y crois de moins en moins. Beaucoup trop de symptômes annoncent un étranglement lent mais efficace de notre droit à respirer. Je pense à chacune des incapacités des élèves de la classe de ma fille prise individuellement, mais légiférant l'ensemble du groupe par rectitude d’un collectivisme à la Mao et je grimace. J'imagine les faiblesses de tous que je devrai éventuellement bientôt supporter — et il va sans dire qu’ils auront à endurer les miennes indûment — et j’ai un soudain goût d’hérésie et d’insurrection. Je n’oserai pas écrire ici ce qui me vient en tête quand je constate qu’on permet à un étudiant sur cinq cents de porter un couteau à l’école tandis qu’on en empêche vingt-sept d’aller chevaucher pour le bonheur d’un seul. |
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